Jappelle_hubert2

De toutes les œuvres littéraires que j’ai pu lire dans ma vie, trois d’entre elles s’imposent spontanément à mon esprit : « Le Procès » de Franz Kafka, « Les raisins de la colère » de John Steinbeck et « 1984 » de George Orwell.
Il est significatif de les situer historiquement : « Le Procès » a été écrit à Prague dans les années précédant la dernière guerre mondiale, « Les raisins de la colère » ont été écrits eux aux Etats-Unis à la suite de l’effondrement du Capitalisme de 1929, et enfin « 1984 » a été publié à Londres en 1950, juste après la seconde guerre mondiale, en pleine guerre froide.
Ces trois œuvres emblématiques doivent leur importance littéraire à leur contenu prémonitoire. Car malheureusement pour nous, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui en 2008, semble donner raison à l’intuition dont témoignent ces trois œuvres majeures.
J’ai proposé de lire de larges extraits des
Raisins de la colère (1) parce qu’ils posent la question cruciale de l’agriculture et de l’alimentation des peuples.
En effet, John Steinbeck dénonce dès 1939 une industrialisation brutale de l’agriculture qui conduit à des désastres écologiques, à de terribles souffrances individuelles et au malheur collectif.
Que représentent donc d’autre que ces « émeutes de la faim » d’aujourd’hui, sinon le produit de cette barbarie économiste qui ravage notre planète ? C’est la raison pour laquelle, le modeste interprète que je suis se propose de partager avec autrui une œuvre qui ne cesse d’inquiéter sa propre conscience.

Hubert Jappelle
Metteur en scène
Directeur du Théâtre de l’Usine à Eragny S/Oise

(1) 20 h 30 Lundi 13 Octobre